Le Valais a toujours dit oui à la voie bilatérale
Depuis plus de vingt-cinq ans, les Valaisannes et les Valaisans n'ont jamais varié. Ils ont accepté les Bilatérales I en 2000 (65,6 %), Schengen et Dublin en 2005 (53,5 %), l'extension de la libre circulation la même année (53,1 %), le milliard de cohésion en 2006 (51,5 %), la reconduction de la libre circulation en 2009 (59,6 %), la directive sur les armes en 2019 (57,1 %) et Frontex en 2022 (75,2 %). En 2014, le Valais a rejeté l'initiative contre l'immigration de masse alors que la Suisse l'acceptait. En 2020, il a balayé l'initiative de limitation à 62 %. Encore ce printemps, le Valais refusait l’initiative des 10 millions qui demandait la résiliation de la libre-circulation. Pas une seule fois le Valais n'a tourné le dos à la voie bilatérale.
Un canton qui vit de ses échanges
Le Valais n'est pas une carte postale d'alpages. C'est un canton touristique et industriel, qui vit de ses hôtes étrangers et de ses exportations. Nos stations, nos hôpitaux, nos chantiers et nos caves tournent avec des milliers de travailleurs venus de l'Union européenne grâce à la libre circulation des personnes. La chimie et la pharma de Viège et de Monthey, l'aluminium de Sierre, nos entreprises de précision exportent chaque jour vers l'Europe et dépendent de la reconnaissance mutuelle de la conformité des produits. Saboter les bilatérales, c'est frapper l'emploi valaisan au cœur.
Un Valaisan pèse onze fois moins qu'un Appenzellois
Avec 371 000 habitants, le Valais est le huitième canton le plus peuplé de Suisse. Avec la double majorité, il ne pèse pourtant pas plus qu'Uri (38 000 habitants) ou Glaris (42 000), et à peine deux fois plus qu'Appenzell Rhodes-Intérieures (17 000), qui dispose d'une demi-voix. La voix d'un Uranais vaut ainsi près de dix fois celle d'un Valaisan, et celle d'un Appenzellois onze fois. Des cantons qui réunissent moins d'un cinquième de la population suisse pourraient faire échouer un accord voulu par une nette majorité du peuple, y-compris valaisan.
Une manœuvre contraire à la Constitution
La Constitution est claire. Elle réserve la double majorité aux révisions constitutionnelles et à l'adhésion à des organisations de sécurité collective ou à des communautés supranationales (art. 140). Les traités internationaux, même importants, relèvent du référendum facultatif et du seul verdict du peuple (art. 141). Inventer un référendum obligatoire « sui generis », c'est changer les règles en cours de partie, dans le seul but de faire tomber les bilatérales non pas devant le peuple, mais devant une poignée de petits cantons peu peuplés. Ce calcul est artificiel, antidémocratique et contraire au texte de notre Constitution.
Le mépris des électeurs valaisans
En faisant cause commune avec Uri et Schwytz, Beat Rieder et Marianne Maret ont tourné le dos au canton qui les a envoyés à Berne. Les Valaisans n'élisent pas deux sénateurs pour offrir un droit de veto à la Suisse centrale, mais pour défendre le Valais. Le Conseil national doit corriger cette erreur. Les Valaisans, eux, doivent élir des gens qui représentent leurs intérêts au-delà de la vallée de Conche.